Oui, on peut faire le tour complet de la ville close à pied, sans billet et sans réservation. Le parcours est court, mais il change à chaque angle : tantôt le port, tantôt la plage du Sillon, tantôt les îlots du large. Voici ce qu’on y voit, dans quel ordre le prendre, et ce qu’il faut savoir de l’histoire et de la marée avant de partir.
Combien de temps dure le tour des remparts ?
Comptez environ une heure, en marchant tranquillement et en s’arrêtant pour les points de vue. Les chiffres varient d’une source à l’autre : l’encyclopédie donne 1 754 m de fortifications, l’office de tourisme parle d’environ deux kilomètres de promenade. L’écart tient à la manière de mesurer, entre le tracé des murs et le chemin réellement emprunté.
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Longueur des fortifications | 1 754 m |
| Longueur annoncée de la promenade | environ 2 km |
| Durée du tour | environ 1 h |
| Hauteur maximale des murs | jusqu’à 16 m |
| Nombre de portes | 8 ou 9 selon le décompte |
| Prix du chemin de ronde | gratuit |
Le nombre de portes diffère aussi : l’office de tourisme en compte huit donnant accès au chemin de ronde, l’encyclopédie neuf percées dans les murs. Dans les deux cas, l’essentiel est de savoir qu’on n’est jamais prisonnier du parcours : un escalier ou une rampe permet de quitter les murs près de chaque porte.
Par où commencer la balade ?
L’office de tourisme recommande de commencer par la porte Saint-Thomas, derrière la place Chateaubriand. C’est un bon point de départ : on arrive de l’extérieur des murs, on monte, et la première vue donne tout de suite sur la plage du Sillon et sur le Fort National, bâti sur son rocher. Rien n’oblige pourtant à respecter ce choix. La porte Saint-Vincent reste l’entrée principale de la ville close pour la plupart des visiteurs, et la Grand’Porte, la plus ancienne, date du XVe siècle.

Quel que soit le sens choisi, le tour est une boucle : on revient là où l’on est parti. Pour y combiner une pause, la place Chateaubriand, au pied du château, offre de quoi s’asseoir à l’arrivée comme au départ.
Quels points de vue ne pas manquer ?
Le parcours se lit comme un catalogue de panoramas. Voici ceux que citent les guides, avec ce qu’on y regarde.
La porte Saint-Thomas et le Sillon
C’est le point de départ conseillé. Depuis la porte, le regard file sur la plage du Sillon, longue bande de sable qui borde la ville, et sur le Fort National, posé sur un îlot que la mer entoure à marée haute.
La tour Bidouane
L’office de tourisme la présente comme le meilleur point de vue sur les îlots du Grand Bé et du Petit Bé. Si l’on ne devait garder qu’un arrêt, ce serait celui-ci : la tour domine la baie, et on y comprend d’un coup d’œil pourquoi la ville a été fortifiée de ce côté.
Le bastion de la Hollande
Ce bastion expose des canons et des statues. Il donne aussi l’occasion de lire sur place le vocabulaire de la défense : une courtine est le mur droit entre deux bastions, un bastion la saillie pensée pour répondre au tir de canon. L’office de tourisme cite, parmi les statues du parcours, celles de Robert Surcouf, de Jacques Cartier et de Duguay-Trouin, trois figures de la ville de mer.
La porte Saint-Vincent et le château
La porte Saint-Vincent ouvre sur le port et le bassin Vauban, que l’on longe sur la dernière portion du parcours. À proximité, le château ferme la boucle. Le quartier de Saint-Servan se découvre de loin, de l’autre côté de l’eau.
La plage de Bon-Secours
En contrebas des murs, côté mer, la plage de Bon-Secours accueille une piscine d’eau de mer avec plongeoir. On la regarde d’en haut, mais on peut aussi y descendre : c’est de cette plage que part la traversée vers le Grand Bé à marée basse.

Pour voir ces vues sous un autre angle, on peut aussi parcourir la côte voisine : l’article sur le nord de la Bretagne, de Saint-Malo à Dinan replace la ville dans son décor de granit.
Une histoire de 1155 à 1944
Les premières fortifications remontent au milieu du XIIe siècle : l’évêque Jean de Châtillon les fait élever vers 1155. La Grand’Porte, au XVe siècle, est l’un des rares vestiges de cette époque. Ce que l’on parcourt aujourd’hui date surtout du XVIIIe siècle.
| Période | Ce qui change |
|---|---|
| Vers 1155 | Premières fortifications, sous l’évêque Jean de Châtillon |
| XVe siècle | Construction de la Grand’Porte |
| 1708 à 1742 | Grande reconstruction par l’ingénieur Siméon Garangeau |
| 1855 à 1864 | Modifications sur le côté nord |
| 12 juillet 1886 | Classement au titre des monuments historiques |
| Août 1944 | Bombardements américains sur la ville, les remparts tiennent |
Siméon Garangeau, ingénieur travaillant dans la mouvance de Vauban, remplace les tours médiévales par des bastions capables d’encaisser le tir des canons. Son chantier agrandit aussi la surface enclose, qui passe de 16 à 24 hectares. C’est pourquoi le parcours alterne murs droits, saillies et tours conservées : on marche sur plusieurs siècles de défense. Pour la figure qui domine l’histoire militaire bretonne avant cette époque, on peut lire le portrait de Bertrand du Guesclin, et pour un tour d’horizon plus large, visiter la Bretagne entre remparts, légendes et saveurs.
Marée, Grand Bé et tombe de Chateaubriand
Le chemin de ronde ne dépend pas de la marée : on peut le parcourir à toute heure. En revanche, les îlots du Grand Bé et du Petit Bé ne sont accessibles à pied qu’à marée basse, et la montée des eaux peut y surprendre. Depuis mars 2011, un sonneur de corne prévient les promeneurs de la remontée de la mer. Avant de partir, on vérifie les horaires de marée du jour.
Le Grand Bé abrite la tombe de François-René de Chateaubriand. L’écrivain, mort à Paris en 1848, avait demandé à être enterré là : sa dépouille arrive à Saint-Malo le 18 juillet 1848. Il voulait une simple croix, sans inscription, sans nom ni date, face à la mer. Pour comprendre les termes de la côte, le vocabulaire de l’estran aide, et pour les coefficients, l’article sur la pêche à pied et les marées explique comment les lire.
Avant de monter, vérifiez ces quelques points
- Partir par temps clair : les panoramas sur le Grand Bé et le Sillon sont l’intérêt principal du parcours.
- Prévoir une heure pleine, davantage avec des enfants ou pour les photos.
- Repérer les escaliers et les rampes à chaque porte : on peut s’arrêter à mi-parcours.
- Consulter l’horaire de marée si l’on veut ajouter la traversée vers le Grand Bé.
- Porter des chaussures fermées : le sol de pierre peut être humide près de la mer.
- Garder du temps pour la ville intra-muros, dont les ruelles se visitent à pied depuis les portes.
Les remparts de Saint-Malo sont-ils payants ?
Non, la promenade sur le chemin de ronde est gratuite. Seules certaines attractions situées à l’intérieur, comme des musées, demandent un billet.
Combien de temps faut-il pour faire le tour ?
Environ une heure, à allure de promenade. Avec des arrêts photo, mieux vaut prévoir un peu plus.
Par quelle porte commencer ?
L’office de tourisme conseille la porte Saint-Thomas, derrière la place Chateaubriand. La porte Saint-Vincent, principale entrée de la ville close, convient aussi.
Peut-on visiter les remparts à marée haute ?
Oui, le chemin de ronde reste praticable. Seule la traversée à pied vers le Grand Bé exige une marée basse.
Quel est le meilleur point de vue ?
La tour Bidouane, qui offre selon l’office de tourisme la meilleure vue sur le Grand Bé et le Petit Bé.
Qui a construit les remparts actuels ?
Pour l’essentiel l’ingénieur Siméon Garangeau, entre 1708 et 1742, sur des fortifications nées vers 1155.
Prenez la porte Saint-Thomas en début de matinée, avancez jusqu’à la tour Bidouane pour la vue sur les îlots, puis finissez par le bassin Vauban avant de descendre dans les ruelles.
Office de tourisme de Saint-Malo, Faire le tour des remparts de Saint-Malo, consulté le 7 octobre 2026.


